Le Casting

Pour trouver Natalie,on a fait un casting d'à peu près mille filles : à New York où l'on a passé des annonces et fait le tour de presque toutes les écoles, à Paris, Londres, Los Angeles, Miami Boston, Dallas. Je suis allé voir les séléctions deux fois. Puis des essais vidéo ont été faits avec les quinze filles qui restaient et j'ai tourné moi-même avec les cinq dernières. Elles étaient réellement toutes très bien. C'est en projetant les cassettes sur écran TV couleur que Natalie s'est imposée. Photogénie extraordinaire. Elle avait alors 11ans et demi, jamais tourné, juste joué dans deux petites pièces de théatre là ou elle habitait. Natalie avait envie du rôle et puis elle avait trouvé le script formidable. Il a fallut ensuite convaincre la famille, très conservatrice, du bien fondé de certaines scènes et de certaines situations. La lecture du scénario leur avait fait un choc ! Nous nous sommes réunis tous les quatre, nous avons longuement discuté et nous sommes dit clairement les choses. J'ai expliqué ce que je pouvais arranger et ce qui ne pouvait pas bouger. Je les ai convaincu que les attitudes des personnages n'étaient pas gratuites : si elle fumait à 12 ans par exemple, c'était pour montrer que, plus tard, l'influence de Léon pouvait l'en empêcher.

Pour gary, ça été "un coup de foudre". Il m'avait été présenté par la chef costumière. Nous nous étions ratés, puis croisés et finalement nous avons dîné ensemble; Dîner avec Gary, c'est comme aller au cirque, il m'a fait mourir de rire. Il a dit oui tout de suite au personnage et n'a rien voulu lire. On a même fait un contrat sur la nappe du restaurant et, comme il voulait que je lui explique certaines choses techniques pour un film qu'il doit réaliser, j'y ai dessiné des mouvements de travelling et de grue; la nappe est devenue un champ de bataille! Sur le plateau, Gary est un délice. Prêt à tourner à 7 heures, il est là à 6h30. Disponible sans réticences. Il essaie tout. Et s'il demande trois minutes après 20 prises,alors que 10 ont été faites pour le plaisir d'essayer à chaque fois quelque chose de différent, c'est juste que, essouflé, il veut reprendre un peu d'air pour pouvoir continuer. C'est hallucinant. Il n'a aucune barrière. Je pense qu'il a l'ouverture et la folie que pouvait avoir De Niro dans "Mean Streets" ou "Taxi Driver".Complètement éclaté.

Pour Danny Aïllo ça été un peu plus compliqué. Bien qu'ami du casting director, il était réticent. C'était quoi ce film, ces gens qui venaient de France, d'Europe ? On a déjeuné deux ou trois fois, expliqué qu'il n'y avait pas de piège, qu'on avait simplement envie de lui pour ce rôle de patron du restaurant. J'ai un peu réécrit les dialogues, approfondi son personnage et le tournage qui s'est déroulé sur 8 jours dans la continuité et dans l'ordre du scénario lui a permis de bâtir un vrai rôle. C'était son "moment" de tournage, un huis-clos sur lui. Au dernier plan, il est arrivé à la fin du personnage.

Je voulais écrire un film pour Jean Reno, juste pour lui donner et ne pas le mettre en scène. lepersonnage de Léon est un peu inspiré de Victor, le nettoyeur de "Nikita". J'aimais beaucoup ce personnage et j'avais envie de le développer. De plus le rôle allait tellement bien à Jean ! En vingt jours j'ai écrit le scénario et... je me suis tellement attaché à cette histoire que je n'ai pas eu envie que quelqu'un d'autre la réalise. Ce qui m'intéressait dans Léon, ce personnage indestructible qui n'a pas de papier, pas de compte en banque, qui boit du lait et arrose sa plante, c'est de trouver sa faiblesse. Comment le piéger, le faire tomber ? La faille ne pouvait venir que de l'inverse absolu : douze ans, belle et innocente, enfant et fille. La confrontation me plaisait. Dans une même société voir se développer quelqu'un qui devient indestructible et face à lui, créer un personnage totalement à l'opposé et qui sera sa perte, son talon d'Achille.

Luc besson

La distribution

Léon Jean RENO
Stansfield Gary OLDMAN
Mathilde Natalie PORTMAN
Tony Dany AIELLO
Malky Peter APPEL
Père de Mathilde Michael BADALUCCO
Mère de Mathilde Ellen GREENE
Soeur de Mathilde Elizabeth REGEN
Frère de Mathilde Carl J. MATUSOVICH
1er homme Stanfield Randolph SCOTT
2ème homme Stanfield Keith A. GLASCOE
Fatman Frank SENGER
Tonto Lucius WYATT "CHEROKEE"
Mickey LUC BERNARD
Vielle femme Jessie KEOSIAN
Chauffeur taxi Mathilde Abdul HASSAN SHARIF
Chauffeur taxi Léon Stuart RUDIN
Réceptionniste Georges MARTIN

 

L'équipe technique

Producteur GAUMONT / Les FILMS du DAUPHIN
Producteur exécutif Claude BESSON
Metteur en scène Luc BESSON
Scénario, adaptation & dialogue Luc BESSON
Musique Eric SERRA
Casting Todd THALER
Directeur de la photo Thierry ARBOGAST
Directeur de production Bernard GRENET
Ingénieur du son Pierre EXCOFFIER
Chef décorateur Dan WEIL
Chef monteuse Sylvie LANDRA
Production GAUMONT - LES FILMS DU DAUPHIN

 

Les dates du tournage

New York
Début tournage : 1er juin 1993
Fin tournage : 23 juillet 1993 - 42 jours

Paris
Début tournage : 28 juillet 1993
Fin tournage : 7 octobre 1993 - 48 jours